Le 31 octobre, Halloween, est une date prisée des jeunes – et moins jeunes – enfants. On se costume en monstre, en sorcière, en fantôme, bref, en bestiole épeurante, et on passe de maison en maison afin de demander des bonbons. Cette année, cependant, le costume qui fut le plus porté par les enfants ne fut ni Dracula, ni Frankenstein. On vit à la place passer dans les rus bons nombres d'hommes d'affaire avec de l'argent plein les poche ; des Vincent Lacroix de 10 ans. Comme si cet homme, pour avoir fait un fraude fiscale, était devenu le monstre le plus épeurant pour notre société individualiste... qui elle-même ne cracherais pas sur quelques fraudes afin de s'enrichir personnellement. Certaines personnes affirment que cette pensée est un mouvement de société, que des gens comme Vincent Lacroix n'existeraient pas si notre société était moins individualiste et portait moins d'attention a l'enrichissement. Que la société contrôle les individus, puisque c'est la société qui crée la norme. D'autres, au contraire, appuyent que ce sont les hommes qui créent la société, et que, de ce fait, les hommes comme Vincent Lacroix influencent considérablement la société. Que, de ce même fait, ce sont les gens qui ont le pouvoir sur la société, puisque les gens sont la société. Ainsi, certaines personnes pensent que les gens justes font les sociétés justes, mais cet avis n'est pas l'avis de tous.
Pour ma part, je pense que se demander si ce sont les gens justes qui font des sociétés justes ou si c'est l'inverse est comme se demander lequel de l'œuf ou de la poule est arrivé le premier. Bien, sûr, l'homme seul est arrivé avant la société et, dans ce sens, on pourrait penser que l'homme juste fait la société juste. Cependant, dès que l'homme est entré en société, il a dû faire des concessions afin de vivre en harmonie avec ses proches, ce qui a créé des systèmes de lois collectives. Dans ce sens, c'est la société qui contrôle les gens. Encore, bien sûr, si un homme trouve sa société injuste, il peut toujours tenter de la modifier. Cependant, la société à la force de créer la norme, et l'homme a une telle peur de la différence qu'il est assimilé dans sa société, sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Parce que dans l'absolu, c'est bien beau, l'homme contrôle sa société et donc peut la rendre à son image, car il est partie intégrante de sa société. Mais l'absolu n'est pas de ce monde. Dans les faits, afin de pouvoir changer sa société, il faut d'abord en sortir, la regarder de l'extérieur, et trop peu d'hommes ont cette force. Et, de toute façon, qu'est-ce que la justice ? Encore un terme trop absolu pour être concevable dans la pratique. C'est ce que j'aimerais écrire, cependant, ce n'est qu'un avis, et en philosophie, les avis n'ont pas tellement d'importance. Seulement l'absolu en a, et voilà la grande lacune de la philosophie. Elle joue dans la théorie avec beaucoup d'adresse et beaucoup d'esprit, mais est désuète en pratique, car elle ne peut assimiler le fait que la théorie et la pratique sont deux choses radicalement différentes.
Les gens justes font une société juste.
Bien sûr. Pourquoi dans ce cas...
Si on prends n'importe qui a part, il est intègre et modéré, il pense avant de réfléchir, mais dès qu'on le met en groupe, il devient extrèmiste, violent et ne réfléchit plus?
Je dis n'importe quoi? Regardez toutes les émeutes pour voir.
Pourquoi les gens doivent aimer en cachette, de peur de se faire réprimer par un groupe?
Vous ne me croyez pas? Qui ne s'est jamais tu de peur de faire rire de lui?
Pourquoi on pense toujours aux réactions des groupes avant ceux des individus?
Pourquoi?
Le juste existe.
Bien sûr. Pourquoi dans ce cas...
Plus du deux tiers de la planète meurt de faim?
En Suède, 46% des femmes ont été exposées à la violence d'un homme?
En Afghanistan, on lapide ou enterre vivant les homosexuels?
C'est de la justice ça, peut-être?
Je crois que la vraie question à se poser serait plutôt "Est-ce que l'homme a un pouvoir sur l'injustice des sociétés?"
Vous me direz "Bien sûr!"
Ce à quoi je répondrai "J'espère... "